Grands lacs, l’Europe inquiète. #europe #africa ep #congo

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L’Europe s’inquiète de la sécurité dans la Région des Grands Lacs, région historiquement partenaire de la Belgique.

 

par Noëlle PARE

Paré

consultante internationale osmoteam.net

Placée sous le patronage de Louis Michel, ministre d’État, député européen et Co-président de l’Assemblée Parlementaire Paritaire ACP-UE, une réunion de dialogue a été tenue  au Parlement européen dans le cadre de la décennie internationale 2015-2024 des peuples d’ascendance africaine et de la recherche d’une paix et d’un développement durables dans le monde, notamment dans la Région des Grands Lacs.

Ce dialogue impliquant les membres de la société civile et de la diaspora des pays concernés est une initiative qu’il convient non seulement d’encourager mais également de saluer. Par ce programme ambitieux, la commission européenne s’affiche clairement comme le partenaire privilégié des populations engagées pour leur salut économique et culturel dans un système d’intégration régional indispensable au développement.

La forte mobilisation des parties prenantes pour cette réunion, essentielle compte-tenu de la situation inquiétante au Burundi et des risques à court et moyen terme de la propagation des troubles dans toute la région des Grands Lacs, a démontré que tous les interlocuteurs de la société civile veulent  travailler ensemble pour un développement équitable transfrontalier. Par contre, l’absence des représentants des différentes ambassades des pays concernés et de représentants politiques ou de décideurs a ému l’ensemble des personnes présentes.

Aujourd’hui, l’ensemble des acteurs de la Région des Grands Lacs salue l’Europe pour son engagement dans les réformes structurelles, le maintien de la sécurité des personnes, une exploitation équitable des ressources naturelles et une tenue d’élection démocratique incluant les candidatures de tous les acteurs conforme à l’accord de paix d’Addis Abeba signé en 2013. Cependant, ils nous mettent en garde sur les risques liés à des actions effectuées en dépit du bon sens ou sans contrôle effectif des résultats.

Les participants ont noté avec enthousiasme au travers de la présentation de la situation par Monsieur Douglas Carpenter, Représentant du service européen d’action extérieure et Chef Adjoint de la Direction Afrique centrale et Grands Lacs, la conscience que la Commission Européenne a du potentiel économique de la région et de l’impact négatif de la décision du Président actuel du Burundi de se représenter à l’encontre du droit constitutionnel du pays. Monsieur Douglas a insisté sur le préjudice important qu’aura cette décision sur la réconciliation nationale et sur le développement.

Par contre, les personnes présentes n’ont pu que se désoler du double langage du Chef-Adjoint de la Direction Afrique Centrale et Grands Lacs qui a d’une part exhorté les différents partis et leaders politiques à tenir compte de l’intérêt supérieur du pays et d’autre part annoncé l’envoi à grands frais d’observateurs pour les votes électoraux malgré l’illégitimité de la constitution connue des listes. En effet, les propos de Monsieur Douglas, Directeur-Adjoint n’ont laissé aucun espoir que les observateurs européens dénoncent ou empêchent les manœuvres pré-électorales du pouvoir en place dans le cadre de la mise à l’écart par des moyens inacceptables (emprisonnement, expatriation, violences, interdiction des meetings politiques) des leaders de l’opposition et de leurs soutiens.

Quand l’Europe prendra-t-elle la mesure de ses responsabilités dans la mise en place de démocraties pérennes car légitimes en Afrique ? Comment les responsables européens peuvent-ils accepter des conditions qui ne peuvent qu’entraîner frustrations et colère et venir annoncer leurs pieux souhaits d’être des « observateurs » d’élections inclusives et non violentes ? Quand comprendrons nous l’importance de nous positionner pour la démocratie en refusant inconditionnellement une situation qui procède à l’exclusion des candidatures légitimes et représentatives d’une population au désespoir et à l’acceptation par nos dirigeants politiques européens d’une candidature anticonstitutionnelle par rapport aux lois du pays concerné ?

D’après nos sources le coût de notre participation européenne scandaleuse à cette « représentation théâtrale » non conforme aux droits de l’homme les plus élémentaires coûtera aux Européens une somme de 8 millions d’euros. Impossible d’évaluer ce que coûtera aux pays européens et aux investisseurs internationaux et nationaux dans ces régions l’aide qui sera ensuite nécessaire à la répression d’une population dont les responsables européens craignent aujourd’hui la révolte dès l’annonce du scrutin.

Soyons tous responsables ! Groupons nous avant et non après le drame !

Noëlle PARE

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