L’Etat français monte au capital d’Air France- KLM pour assurer son droit de vote double #airfrance #france

Le13886403838_fcf973e217_c ministère de l’économie a annoncé aujourd’hui une prise de participation de 1,7% dans le capital de la compagnie aérienne Air France-KLM. La participation représente 5.1 millions de titres, pour un montant total compris entre 33.15 et 45.9 millions d’euros. Cette opération garantira le droit de l’Etat aux votes doubles lors de la prochaine assemblée générale de la compagnie.

« L’Etat, qui détient 15,88 % du capital d’Air France-KLM, a souhaité se donner les moyens de soutenir l’adoption des droits de vote doubles par Air France-KLM », informe le ministère de l’économie et des finances dans un communiqué publié aujourd’hui.

Cette stratégie de l’Etat s’inscrit dans le cadre de la Loi Florange (avril 2014), dont l’article 5 généralise le droit de vote double aux actionnaires détenant des parts d’une entreprise depuis plus de deux ans. Ce droit de vote double est réservé aux actionnaires de nationalité française et aux ressortissant de la communauté européenne. Cette mesure a pour objectif de favoriser l’investissement à long terme et les actionnaires les plus stables, dont l’Etat et vise à “reconquérir l’économie réelle”.

Les salariés d’Air France-KLM, deuxièmes actionnaires du groupe sont globalement favorables à ce dispositif. La direction affirme cependant désirer “laisser la démocratie actionnariale décider”, mais n’exprime pas de problème de fond avec la Loi Florange et le principe d’un actionnariat stable. Il faudrait rassembler la majorité des 2/3 en assemblée générale pour bloquer le dispositif de vote double, ce qui ne devrait pas se produire.

L’opération s’inscrit dans une stratégie des pouvoirs publics de reconquête industrielle, dont la montée au capital de l’agence de participation chez Renault est une bonne illustration. La participation dans le constructeur automobile a été portée de 15.01% à 19.74%. Selon l’agence de participation de l’Etat “« Cette opération marque à la fois la volonté de l’Etat de défendre ses intérêts en tant qu’actionnaire, en pesant en faveur de l’instauration de droits de vote double dans la gouvernance de Renault, et le caractère stratégique qu’il attache à sa participation au capital de cette grande entreprise industrielle ». Le PDG de Renault-Nissan, Carlos Ghosn s’était vivement opposé à cette initiative.

Ces prises de participation sont un bon calcul pour l’Etat français, qui pourrait gagner plus de 16 milliards d’euros en vendant ses parts dans les différents groupes, sans pour autant y perdre de l’influence. 22 entreprises du CAC40 ont déjà installé le dispositif de droit de vote double.

 

Paul COZETTE

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