Guy Wagner (Banque de Luxembourg) : “Ne pas faire de concessions au niveau de la qualité des entreprises” #banking #investment #business

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Lors d’un point presse à Bruxelles, Guy Wagner, chief economiste de la Banque de Luxembourg ainsi que les gestionnaires de fonds, Ivan Bouillot (actions européennes) et Tanguy Kamp (actions asiatiques), ont donné leur avis sur les perspectives des marchés financiers en 2016 et leurs portefeuilles spécifiques. L’année 2016 risque de s’avérer difficile pour les marchés boursiers et un investisseur en actions devra pouvoir supporter une volatilité accrue. A l’intérieur des marchés boursiers, il sera d’autant plus important de ne pas faire de concessions au niveau de la qualité des entreprises.

Dans son discours, Guy Wagner a passé en revue l’environnement économique actuel, marqué par des taux d’intérêt bas, des marchés boursiers volatils ainsi que des risques de contagion liés à l’effondrement des prix du pétrole. Il était accompagné par Ivan Bouillot, le gestionnaire des actions européennes et Tanguy Kamp, responsable des actions asiatiques, qui ont commenté l’impact des derniers développements sur leurs portefeuilles. Alors que le ralentissement de l’activité économique en Chine est indéniable, les derniers indicateurs publiés n’ont pas été particulièrement mauvais, précisait Guy Wagner, chef économiste de la Banque de Luxembourg et administrateur-directeur de la société de gestion BLI – Banque de Luxembourg Investments lors d’un point presse à Bruxelles : « Ils montrent que la transition vers une économie davantage basée sur la demande interne, et dans laquelle le poids des secteurs primaire et secondaire – agriculture et industrie – diminue au profit du secteur tertiaire, les services, est en bonne voie. Il serait cependant illusoire de penser que cette transition s’effectue sans heurts ou que l’économie chinoise puisse continuer à croître au rythme des dernières années. »

Aucune corrélation entre la croissance économique et les performances boursières

Tanguy Kamp qui gère le fonds en actions BL-Equities Asia, peut comprendre les craintes des investisseurs : « Suite au ralentissement économique en Chine et à la baisse du prix des matières premières, on pourrait assister dans le monde émergent, à plusieurs faillites d’entreprises dans les secteurs des métaux de base et de l’énergie. Ces défauts pourraient à leur tour porter préjudice au secteur financier qui devrait faire face à une hausse des créances douteuses ». Il mentionne aussi que le ralentissement économique en Chine n’est pas nouveau et que la correction observée sur les bourses chinoises résulte avant tout de l’éclatement d’une bulle qui s’était formée suite à la politique très accommodante de la Banque Centrale de Chine qui avait poussé les actions chinoises à des valorisations trop élevées. Enfin Tanguy Kamp, tout en restant très sélectif, entrevoit davantage d’opportunités d’achat suite à la faiblesse des cours et souligne que l’histoire a montré qu’il n’y avait aucune corrélation entre la croissance économique et les performances boursières.

La chute des marchés marquée par des éléments psychologiques 

Une partie de la chute actuelle des marchés s’explique par ailleurs par des éléments psychologiques. « Le dernier exemple récent d’un début d’année aussi mauvais fut en 2008, année qui reste dans beaucoup d’esprits. Les comparaisons avec 2008 abondent dès lors et sont utilisées comme raison pour sortir des marchés boursiers », pense Guy Wagner. « Après un deuxième semestre 2015 plus volatil et moins performant, les actions risquent effectivement d’enregistrer une année 2016 difficile malgré l’absence de placements alternatifs compte tenu du ralentissement de la conjoncture et des bénéfices, de la forte augmentation des cours boursiers depuis 2009 et des tensions géopolitiques mondiales. »

Ne pas faire de concessions au niveau de la qualité des entreprises 

Ivan Bouillot, le gestionnaire des fonds en actions européennes, ajoute : « En Europe, les statistiques économiques restent favorablement orientées par rapport à des attentes faibles, mais le rythme de croissance en absolu demeure limité. » Une gestion active se justifie d’autant plus à l’intérieur des classes d’actifs, et notamment des actions. « Dans la mesure où l’environnement économique et financier reste fragile, il est certes important de ne pas faire de concessions au niveau de la qualité des entreprises dans lesquelles on investit, mais certainement aussi au niveau de la résilience de leur activité et de leur valorisation », précisait-il. Il importe de revenir sur ce que les gestionnaires définissent comme une entreprise de qualité. « Par entreprise de qualité, nous entendons une entreprise qui dispose d’un avantage compétitif durable qui lui permet de se différencier de la concurrence et de créer des barrières à l’entrée sur ses marchés. » Ces entreprises se caractérisent par un rendement sur fonds propres élevé, un endettement peu important et une faible intensité capitalistique.

Une gestion active combinant qualité et dividendes

Un deuxième thème d’investissement, étroitement lié à celui de la qualité, reste celui-ci des dividendes. Une des stratégies d’investissement ayant produit les meilleurs résultats sur le long terme consiste à acheter des entreprises combinant dividende attrayant et faible taux de distribution des bénéfices. Guy Wagner : « Le niveau élevé du dividende rend ces entreprises particulièrement attrayantes pour les investisseurs à la recherche de revenus récurrents, alors que le faible taux de distribution rassure sur le caractère soutenable de ce dividende, voire de son potentiel d’augmentation. »

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