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Guy Wagner (Banque de Luxembourg) : “Ne pas faire de concessions au niveau de la qualité des entreprises” #banking #investment #business

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Lors d’un point presse à Bruxelles, Guy Wagner, chief economiste de la Banque de Luxembourg ainsi que les gestionnaires de fonds, Ivan Bouillot (actions européennes) et Tanguy Kamp (actions asiatiques), ont donné leur avis sur les perspectives des marchés financiers en 2016 et leurs portefeuilles spécifiques. L’année 2016 risque de s’avérer difficile pour les marchés boursiers et un investisseur en actions devra pouvoir supporter une volatilité accrue. A l’intérieur des marchés boursiers, il sera d’autant plus important de ne pas faire de concessions au niveau de la qualité des entreprises.

Dans son discours, Guy Wagner a passé en revue l’environnement économique actuel, marqué par des taux d’intérêt bas, des marchés boursiers volatils ainsi que des risques de contagion liés à l’effondrement des prix du pétrole. Il était accompagné par Ivan Bouillot, le gestionnaire des actions européennes et Tanguy Kamp, responsable des actions asiatiques, qui ont commenté l’impact des derniers développements sur leurs portefeuilles. Alors que le ralentissement de l’activité économique en Chine est indéniable, les derniers indicateurs publiés n’ont pas été particulièrement mauvais, précisait Guy Wagner, chef économiste de la Banque de Luxembourg et administrateur-directeur de la société de gestion BLI – Banque de Luxembourg Investments lors d’un point presse à Bruxelles : « Ils montrent que la transition vers une économie davantage basée sur la demande interne, et dans laquelle le poids des secteurs primaire et secondaire – agriculture et industrie – diminue au profit du secteur tertiaire, les services, est en bonne voie. Il serait cependant illusoire de penser que cette transition s’effectue sans heurts ou que l’économie chinoise puisse continuer à croître au rythme des dernières années. »

Aucune corrélation entre la croissance économique et les performances boursières

Tanguy Kamp qui gère le fonds en actions BL-Equities Asia, peut comprendre les craintes des investisseurs : « Suite au ralentissement économique en Chine et à la baisse du prix des matières premières, on pourrait assister dans le monde émergent, à plusieurs faillites d’entreprises dans les secteurs des métaux de base et de l’énergie. Ces défauts pourraient à leur tour porter préjudice au secteur financier qui devrait faire face à une hausse des créances douteuses ». Il mentionne aussi que le ralentissement économique en Chine n’est pas nouveau et que la correction observée sur les bourses chinoises résulte avant tout de l’éclatement d’une bulle qui s’était formée suite à la politique très accommodante de la Banque Centrale de Chine qui avait poussé les actions chinoises à des valorisations trop élevées. Enfin Tanguy Kamp, tout en restant très sélectif, entrevoit davantage d’opportunités d’achat suite à la faiblesse des cours et souligne que l’histoire a montré qu’il n’y avait aucune corrélation entre la croissance économique et les performances boursières.

La chute des marchés marquée par des éléments psychologiques 

Une partie de la chute actuelle des marchés s’explique par ailleurs par des éléments psychologiques. « Le dernier exemple récent d’un début d’année aussi mauvais fut en 2008, année qui reste dans beaucoup d’esprits. Les comparaisons avec 2008 abondent dès lors et sont utilisées comme raison pour sortir des marchés boursiers », pense Guy Wagner. « Après un deuxième semestre 2015 plus volatil et moins performant, les actions risquent effectivement d’enregistrer une année 2016 difficile malgré l’absence de placements alternatifs compte tenu du ralentissement de la conjoncture et des bénéfices, de la forte augmentation des cours boursiers depuis 2009 et des tensions géopolitiques mondiales. »

Ne pas faire de concessions au niveau de la qualité des entreprises 

Ivan Bouillot, le gestionnaire des fonds en actions européennes, ajoute : « En Europe, les statistiques économiques restent favorablement orientées par rapport à des attentes faibles, mais le rythme de croissance en absolu demeure limité. » Une gestion active se justifie d’autant plus à l’intérieur des classes d’actifs, et notamment des actions. « Dans la mesure où l’environnement économique et financier reste fragile, il est certes important de ne pas faire de concessions au niveau de la qualité des entreprises dans lesquelles on investit, mais certainement aussi au niveau de la résilience de leur activité et de leur valorisation », précisait-il. Il importe de revenir sur ce que les gestionnaires définissent comme une entreprise de qualité. « Par entreprise de qualité, nous entendons une entreprise qui dispose d’un avantage compétitif durable qui lui permet de se différencier de la concurrence et de créer des barrières à l’entrée sur ses marchés. » Ces entreprises se caractérisent par un rendement sur fonds propres élevé, un endettement peu important et une faible intensité capitalistique.

Une gestion active combinant qualité et dividendes

Un deuxième thème d’investissement, étroitement lié à celui de la qualité, reste celui-ci des dividendes. Une des stratégies d’investissement ayant produit les meilleurs résultats sur le long terme consiste à acheter des entreprises combinant dividende attrayant et faible taux de distribution des bénéfices. Guy Wagner : « Le niveau élevé du dividende rend ces entreprises particulièrement attrayantes pour les investisseurs à la recherche de revenus récurrents, alors que le faible taux de distribution rassure sur le caractère soutenable de ce dividende, voire de son potentiel d’augmentation. »

Le chief economist de la Banque de Luxembourg: des signes de ralentissement conjoncturel se multiplient.

 

Guy Wagner, Banque de Luxembourg

Guy Wagner, Banque de Luxembourg

 La plupart des régions affichent actuellement de légers signes de faiblesse conjoncturelle ; seuls les Etats-Unis y échappent. C’est ce que prétendent Guy Wagner, chief investment officer de la Banque de Luxembourg, et son équipe dans l’analyse mensuelle, les ‘Highlights’.

 

La plupart des régions affichent actuellement de légers signes de faiblesse conjoncturelle. La principale exception sont les Etats-Unis. « Ce pays bénéficie d’une reprise des investissements, principalement à cause de la révolution énergétique liée à l’exploration du gaz de schiste », dit Guy Wagner, chief investment officer de la Banque de Luxembourg et administrateur-directeur de la société de gestion BLI – Banque de Luxembourg Investments. En Europe, la locomotive allemande enregistre des signes de ralentissement en raison des tensions entre l’Ouest et la Russie. Au Japon, la croissance modérée de l’activité montre que les réformes structurelles du programme Abenomics nécessiteront du temps avant de produire des effets favorables.

 

Les bourses des pays émergents faiblissent

Dans l’environnement actuel des marchés boursiers, les pays émergents constituent la région la plus faible. Selon l’économiste luxembourgeois, les raisons seraient multiples : « Les pays émergents sont affectés par la force du dollar, la multiplication des signes de ralentissement économique en Chine et les manifestations à Hong Kong. » L’indice phare américain S&P 500 approche par contre son niveau record. Dans un environnement où les placements monétaires et obligataires ne constituent pas des alternatives attrayantes, « il reste à voir dans quelle mesure, à l’aube du quatrième trimestre qui est généralement la meilleure période boursière de l’année, les risques géopolitiques et le ralentissement éventuel de la conjoncture mondiale pourraient faire dérailler la tendance haussière des marchés. »

 

Le taux directeur de la BCE est le plus bas jamais enregistré

Conformément aux attentes, la Réserve fédérale américaine a annoncé en septembre la poursuite de la réduction du rachat d’obligations d’Etat et de créances hypothécaires à hauteur de 10 milliards de dollars par mois. Par ailleurs, elle a réaffirmé sa promesse de maintenir les taux directeurs inchangés pendant une période de temps considérable après la fin des achats d’actifs. En Europe, la Banque Centrale (BCE) a baissé son principal taux directeur de 0,15 % à 0,05 %, taux le plus bas jamais enregistré. La BCE a également annoncé le rachat d’un large portefeuille de titres adossés à des créances auprès de banques et/ou d’investisseurs publics. Elle n’exclut pas à l’avenir le recours à d’autres instruments non conventionnels de politique monétaire si elle le juge nécessaire.

 

Les rendements obligataires des pays industrialisés restent à des niveaux peu attrayants

Dans la zone euro, les rendements obligataires restent à de faibles niveaux. En Espagne et en Italie, le rendement de l’emprunt d’Etat à 10 ans a continué à reculer, tandis qu’en Allemagne, le taux de référence à 10 ans a légèrement augmenté, restant toutefois à un niveau dérisoire. D’une manière générale, les rendements obligataires des pays industrialisés restent à des niveaux peu attrayants pour Guy Wagner. « Néanmoins, la faiblesse des pressions inflationnistes et l’absence de perspectives d’une remontée des taux directeurs des principales banques centrales ne plaident pas pour une remontée prochaine des taux longs. »

Une aggravation des risques géopolitiques constitue actuellement la principale menace pour les actions

Guy Wagner (Banque de Luxembourg) analyse :

 Même si les actions demeurent le placement par défaut dans un environnement de taux zéro, une aggravation des risques géopolitiques pourrait déclencher à tout instant une correction boursière plus importante. Ceci est l’opinion de Guy Wagner, chief investment officer de la Banque de Luxembourg, et son équipe dans l’analyse mensuelle, les ‘Highlights’.

 

Guy Wagner, Banque de Luxembourg

Guy Wagner, Banque de Luxembourg

Le recul des marchés aux Etats-Unis et en Europe s’explique principalement par l’aggravation des tensions entre l’ouest et la Russie après le crash du vol MH17. Au niveau sectoriel, les valeurs cycliques ont été principalement touchées par la correction boursière alors que les secteurs plus défensifs et la technologie ont davantage résisté. « Même si les actions demeurent le placement par défaut dans un environnement de taux zéro, une aggravation des risques géopolitiques pourrait déclencher à tout instant une correction boursière plus importante », dit Guy Wagner, chief investment officer de la Banque de Luxembourg et administrateur-directeur de la société de gestion BLI – Banque de Luxembourg Investments. La publication de chiffres de croissance du PIB américain pour le deuxième trimestre supérieurs aux attentes a également pesé sur les bourses. Guy Wagner : « Une croissance économique plus élevée augmente la probabilité qu’une hausse des taux d’intérêt aux Etats-Unis puisse avoir lieu plus tôt que prévu. »

 

Les tensions entre l’ouest et la Russie perturbent le climat des affaires en Europe

Selon les premières estimations, le PIB aux Etats-Unis a augmenté de 4 % au deuxième trimestre, confirmant que la croissance américaine figure parmi le peloton de tête au sein des pays développés. En Europe, l’activité économique a de la peine à accélérer.« Au-delà de la faiblesse de l’activité de crédits, le climat des affaires en Europe – et notamment en Allemagne, la locomotive de l’économie européenne jusqu’à présent – commence à être impacté par l’accentuation des tensions entre l’ouest et la Russie », dit l’économiste luxembourgeois.

 

Etats-Unis : l’inflation se rapproche de l’objectif à long terme de la Réserve fédérale

Aux Etats-Unis, la présidente de la Réserve fédérale Janet Yellen a annoncé à l’issue de la réunion des responsables monétaires la poursuite de la réduction du rachat d’obligations d’Etat et de créances hypothécaires à hauteur de 10 milliards de dollars par mois. Dorénavant la Réserve fédérale rachètera mensuellement des obligations d’Etat à hauteur de 15 milliards de dollars et des créances hypothécaires à hauteur de 10 milliards de dollars. Même si Yellen n’a pas modifié ses propos concernant l’évolution future des taux d’intérêt, elle a signalé qu’après une période prolongée de prix faibles, l’inflation était dorénavant en train de se rapprocher de l’objectif à long terme de la Réserve fédérale.

 

Pas de perspective pour une remontée prochaine des taux longs

Malgré leur niveau déjà extrêmement bas, les rendements obligataires dans la zone euro ont encore reculé en juillet tandis qu’aux Etats-Unis, les rendements obligataires sont restés quasiment inchangés. D’une manière générale, les rendements obligataires des pays industrialisés restent à des niveaux peu attrayants, pense Guy Wagner. « Néanmoins, la faiblesse des pressions inflationnistes et l’absence de perspectives d’une remontée des taux directeurs des principales banques centrales ne plaident pas pour une remontée prochaine des taux longs. »

 

Guy Wagner: Par manque d’alternatives, les investisseurs continuent à acheter des actions

 

Guy Wagner, Banque de Luxembourg

Guy Wagner, Banque de Luxembourg

Compte tenu des perspectives d’une poursuite de la politique de taux zéro réaffirmées tant par la Banque centrale européenne que par la Réserve fédérale américaine, les investisseurs continuent à acheter des actions par manque d’alternatives. Ceci est l’opinion de Guy Wagner, chief investment officer de la Banque de Luxembourg, et sonéquipe dans l’analyse mensuelle, les ‘Highlights’.

Au cours des dernières semaines, les présidents de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, et de la Réserve fédérale américaine, Janet Yellen, ont réaffirmé la poursuite de la politique de taux zéro. « Par manque d’alternatives, les investisseurs continuent à acheter des actions », dit Guy Wagner, chief investment officer de la Banque de Luxembourg et administrateur-directeur de la société de gestion BLI – Banque de Luxembourg Investments. « Tant que les taux d’intérêt resteront à zéro et que les incertitudes géopolitiques demeureront contenues, les actions pourront continuer à monter, peu importe leur niveau de valorisation. »

Mesures exceptionnelles de relâchement monétaire par la BCE. Les actions sont également soutenues par les mesures exceptionnelles du relâchement monétaire, le niveau plancher historique à 0,15 % du principal taux directeur de la BCE et le taux de rémunération négatif appliqué par la Banque centrale aux dépôts des banques auprès d’elle. Aux Etats-Unis, la réduction du rachat d’obligations d’Etat et de créances hypothécaires à hauteur de 10 milliards de dollars par mois sera poursuivie. Dorénavant, la Réserve fédérale rachètera mensuellement des obligations d’Etat à hauteur de 20 milliards de dollars et des créances hypothécaires à hauteur de 15 milliards de dollars.

L’Allemagne reste la locomotive, lueur d’espoir en provenance des pays de la périphérie. En Europe, l’économie allemande garde son rôle de locomotive au sein de la zone euro alors que la France et l’Italie restent à la traîne. Des signes positifs viennent des pays de la périphérie, comme la Grèce, l’Irlande et l’Espagne. « Ces pays semblent avoir touché le fond du gouffre et affichent de timides signes de redressement », dit l’économiste luxembourgeois. Au Jpon, la hausse de la TVA au 1er avril n’a pas fait dérailler la reprise économique qui semble se poursuivre. En Chine, les autorités publiques ont lancé un léger programme de relance pour stabiliser la croissance économique après plusieurs mois de ralentissement de l’activité.

 Les rendements obligataires des pays industrialisés restent à des niveaux peu attrayants. Malgré leur niveau déjà extrêmement bas, les rendements obligataires dans la zone euro ont encore reculé en juin ; aux Etats-Unis, les rendements obligataires sont restés quasiment inchangés. « D’une manière générale, les rendements obligataires des pays industrialisés restent à des niveaux peu attrayants », dit Guy Wagner. « Néanmoins, la faiblesse des pressions inflationnistes et l’absence deperspectives d’une remontée des taux directeurs des principales banques centrales ne plaident pas

pour une remontée prochaine des taux longs. »

www.bli.lu

 www.blinvestmentsblog.com

 www.banquedeluxembourg.com

 

EURO FORT OU DOLLAR FAIBLE ?

Guy Wagner, Banque de Luxembourg

Guy Wagner, Banque de Luxembourg

GUY WAGNER, chief economist de la Banque du Luxembourg nous donne son avis:

L’euro continue de surprendre par sa force. La monnaie unique n’a notamment pas souffert du climat géopolitique, alors qu’on était en droit de supposer que le conflit entre la Russie et l’Ukraine, auquel l’Europe est nettement plus exposée que les Etats-Unis, l’affaiblirait par rapport au dollar. Euro fort ou dollar faible ? De nombreux observateurs s’étonnent ainsi que le malgré une croissance américaine nettement supérieure à celle de la zone euro, un taux de chômage inférieur de moitié et un coût de l’énergie nettement plus faible, la monnaie américaine ne réussit pas à s’apprécier.

Beaucoup de bruit pour rien

Avant d’aller plus loin et de rechercher les éléments à l’origine de la faiblesse du billet vert, il convient tout d’abord de la relativiser. Le niveau actuel du dollar par rapport à l’euro n’est pas très loin de son niveau moyen sur les 5 cinq dernières années. Durant cette période, le cours de change EUR/USD avait atteint un plus-haut de 1,50 (octobre 2009 et avril 2011) et un plus-bas de 1,20 (juin 2010 et juillet 2012), mais son cours moyen s’établissait à 1,35. Depuis septembre 2012, ce cours de change se situe essentiellement dans une fourchette allant de 1,30 à 1,40. Sur l’ensemble du premier trimestre 2014, il n’a guère évolué puisque le dollar a terminé ce trimestre presque exactement au même niveau qu’il ne l’a commencé.

Ensuite, si on peut parler d’un dollar relativement faible lorsqu’on le compare à l’euro, tel n’est pas le cas lorsqu’on regarde son évolution par rapport à d’autres devises. L’indice ‘trade-weighted’ du dollar, qui reprend son évolution par rapport aux principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis, a ainsi légèrement augmenté sur les 12 derniers mois, période durant laquelle le dollar s’est notamment apprécié par rapport au yen et aux devises des pays émergents.

Cours de change EUR/USD sur 5 ans

Source : Bloomberg

Les éléments qui soutiennent la monnaie unique

Il y a dès lors lieu de parler d’un euro fort, plutôt que d’un dollar faible. Il reste cependant que la force de l’euro peut surprendre dans un contexte marqué par une faible croissance économique et des tendances déflationnistes.

Elle s’explique en premier lieu par les éléments suivants :

  • l’augmentation du surplus de la balance courante de la zone euro

La balance courante de la zone euro est passée d’un déficit de 2 % du Produit Intérieur Brut en 2008 à un surplus de 2 % en 2013. Le déficit des pays de la périphérie a disparu, la faiblesse de la demande interne ayant fait reculer leurs importations alors que les efforts accomplis pour redevenir compétitifs ont aidé leurs exportations. En même temps, le surplus de la balance courante de l’Allemagne a continué à augmenter. De manière quelque peu simplifiée, une balance courante excédentaire signifie que les étrangers achètent plus d’euros que les européens n’en vendent ;

  • le regain d’intérêt des investisseurs étrangers pour les marchés financiers de la zone euro

Depuis que le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a dit en juillet 2012 que tout allait être fait pour sauver l’euro, les investisseurs étrangers sont revenus vers les actifs financiers de la zone euro ainsi qu’en témoigne notamment la performance des marchés boursiers et obligataires de la périphérie. Ceci a créé une demande supplémentaire pour la monnaie unique ;

  • l’évolution des bilans des banques centrales

Alors que le bilan de la Réserve fédérale a continué à augmenter, celui de la BCE diminue depuis 2013. Cette diminution s’explique par le remboursement des LTRO (Long Term Refinancing Operations – prêts à long terme accordés par la BCE aux banques pour améliorer leur situation financière) par les banques européennes et par le fait que la banque centrale européenne n’a pas (encore ?) procédé à des assouplissements monétaires quantitatifs. D’une manière générale, on peut d’ailleurs noter que depuis l’éclatement de la bulle Internet en 2000, la Réserve fédérale poursuit essentiellement une politique monétaire anti-déflationniste, alors que la BCE est nettement plus conservatrice dans son approche.

  • autres facteurs

Parmi ceux-ci, on peut notamment citer la vente d’emprunts d’Etat américains par la Chine et d’une manière plus générale, la réduction de la quantité d’emprunts américains appartenant aux étrangers détenus auprès de la Réserve fédérale.

Vers un euro plus faible ?

C’est dès lors aussi du côté de ces facteurs qu’il faut regarder pour identifier un éventuel changement de tendance durable sur l’euro.

Le premier élément, l’augmentation du surplus de la balance courante de la zone euro, devrait se poursuivre. La faiblesse de la demande interne continuera notamment à peser sur les importations européennes. L’exemple du yen dans les années 1990 montre que morosité économique ne signifie pas nécessairement dépréciation de la monnaie. La devise nippone s’est nettement appréciée durant cette période malgré une croissance très faible, nettement inférieure à celle enregistrée en Europe ou aux Etats-Unis. Tout comme pour la zone euro actuellement, la faiblesse de la demande interne avait contribué à des surplus extérieurs de plus en plus importants, surplus qui se traduisaient par une appréciation du yen.

Le deuxième élément, l’intérêt des investisseurs étrangers pour les marchés financiers de la zone euro, est par définition impossible à prévoir. A l’heure actuelle, il reste soutenu, de nombreux observateurs arguant que les marchés de la périphérie sont toujours bon marché.

Le troisième élément, l’évolution des politiques monétaires des banques centrales américaine et européenne, est souvent cité comme élément de nature à renforcer le dollar dans les mois à venir. L’idée derrière ceci est que la Réserve fédérale est d’arrêter son processus d’assouplissement monétaire quantitatif et pourrait procéder à un premier relèvement de son taux directeur dès le deuxième trimestre de l’année prochaine. A l’inverse, la Banque centrale européenne pourrait démarrer son propre programme d’assouplissement monétaire quantitatif au cas où les tendances déflationnistes à l’intérieur de la zone euro s’intensifieraient. D’autant plus que les récentes déclarations du président de la Bundesbank ont été interprétées comme un signe que la banque allemande ne s’opposerait plus à de telles mesures. Indépendamment de la possibilité d’un assouplissement monétaire, les récentes déclarations des membres de la BCE montrent que la banque centrale se montre davantage préoccupée par le niveau élevé de l’euro qui renforce le risque de déflation.

Il reste néanmoins qu’un éventuel resserrement de la politique monétaire américaine dès le deuxième trimestre 2015 est loin d’être sûr. Certains des éléments qui avaient stimulé la croissance américaine au deuxième semestre 2013, le restockage des entreprises et les exportations, sont en train de s’estomper. Le grand problème de l’économie américaine reste cependant l’absence de croissance des revenus disponibles, étant donné le rôle prépondérant joué par la consommation privée dans le Produit Intérieur Brut américain. A noter aussi qu’une augmentation des taux d’intérêt ferait exploser le coût du service de la dette et poserait un problème sérieux pour la politique fiscale.

En ce qui concerne les autres facteurs, la vente d’emprunts américains par la Chine semble l’expliquer par la volonté des autorités chinoises de diminuer la part du dollar dans leurs réserves de change. Il s’agit toutefois là d’un objectif à long terme qui n’exclut pas que de temps en temps, la Chine redevienne acheteur d’emprunts américains.

Still confused, but on a higher level

eurodollar

L’analyse de ces différents facteurs ne permet pas d’arriver à une conclusion claire sur l’évolution du cours de change EUR/USD. Force est d’ailleurs de constater qu’essayer de prévoir l’évolution des monnaies reste un exercice quelque peu futile. Contrairement aux actions qui représentent des participations dans des entreprises qu’il est possible de valoriser, les monnaies n’ont pas de valeur intrinsèque. Il est donc difficile de conclure qu’une monnaie est surévaluée ou sous-évaluée. Des théories comme celle de la parité des pouvoirs d’achat essaient bien de le faire mais ne fonctionnent au mieux que sur le (très) long terme. Dans le cas d’une monnaie comme la monnaie européenne, se pose en outre le problème que dans la zone euro figurent des pays aussi différents que l’Allemagne et la Grèce et que l’euro est peut-être trop bas pour l’Allemagne et trop haut pour la Grèce.

Couvrir ou ne pas couvrir?

Les actions américaines figurant dans nos portefeuilles sont pour la plupart celles d’entreprises internationales, réalisant une partie importante de leur chiffre d’affaires en-dehors des Etats-Unis. Dans la mesure où une dépréciation du dollar augmente les bénéfices (exprimés en USD) de ces entreprises, elles offrent en quelque sorte une couverture naturelle contre une telle dépréciation. Nous ne couvrons dès lors pas le risque de change sur ces positions. Nous procédons par contre à une couverture (partielle ou totale) de ce risque sur nos positions en emprunts d’Etat américains.

A noter finalement qu’en cas de situations extrêmes, le billet vert garde jusqu’à preuve du contraire son caractère de valeur refuge. Parmi les risques plus importants qu’on peut identifier à l’heure actuelle figure celui d’une nouvelle aggravation de la crise à l’intérieur de la zone euro, nonobstant le calme apparent régnant depuis plus de 18 mois. Une telle aggravation serait en principe bénéfique au dollar. De même, le caractère de valeur réserve du dollar fait que les variations dans la balance courante des Etats-Unis sont partiellement le reflet de phases d’expansion ou de contraction de la conjoncture mondiale. Durant les phases d’expansion, la balance courante américaine a tendance à devenir de plus en plus déficitaire (entraînant un dollar plus faible), l’inverse étant vrai durant les phases de contraction (entraînant un dollar plus fort). La plupart des analystes mise sur une accélération de la conjoncture mondiale durant l’année en cours. Les nombreux problèmes structurels présents actuellement font toutefois que ces attentes pourraient être déçues avec un impact négatif sur les marchés boursiers. Dans un portefeuille diversifié, le dollar constitue dès lors aussi une sorte de couverture du risque actions.

GUY WAGNER: LES ACTIONS, PLACEMENT PAR DEFAUT DANS UN ENVIRONNEMENT DE TAUX 0

Guy Wagner, Banque de Luxembourg

Guy Wagner, Banque de Luxembourg

Dans un environnement de taux zéro, les actions demeurent le
placement par défaut. Ceci est l’opinion de Guy Wagner, chief investment officer de la Banque
de Luxembourg, et de son équipe dans leur analyse mensuelle, les ‘Highlights‘.

Les pays industrialisés manquent toujours d’une solution crédible au problème de surendettement, les
incertitudes économiques et financières subsistent en Chine, les relations entre l’Ouest et la Russie se
refroidissent et les valorisations boursières sont plutôt élevées. « Malgré les contrariétés, les actions
demeurent le placement par défaut dans l’environnement actuel de taux zéro », souligne Guy Wagner,
chief investment officer de la Banque de Luxembourg et administrateur-directeur de la société de
gestion BLI – Banque de Luxembourg Investments. Malgré les tensions entre les pays de l’Otan et la
Russie après l’annexion de la Crimée à la fédération russe, les marchés boursiers sont restés
quasiment inchangés au mois de mars.

Zone euro : l’activité conjoncturelle s’améliore – la reprise économique reste fragile.
Dans la zone euro, l’activité conjoncturelle continue à s’améliorer doucement. « En effet, la reprise
économique reste fragile en raison de la faiblesse des crédits bancaires », écrit Guy Wagner. Au
Japon, l’absence d’une amélioration des exportations malgré la faiblesse du yen et d’un redressement
du revenu réel des ménages suite à la hausse des coûts énergétiques remet en question le caractère
durable de la reprise économique déclenchée par le programme Abenomics.

Une appréciation supplémentaire de l’euro est improbable
En Europe, la Banque centrale (BCE) n’a pas relâché davantage sa politique monétaire jusqu’à
présent malgré la faiblesse des crédits bancaires et le bas niveau de l’inflation. Le président de la
Bundesbank, Jens Weidmann, a toutefois entrouvert la porte au recours à des instruments de
politique monétaire peu conventionnels de la part de la Banque centrale européenne si la pression sur
les prix commençait à remettre en question la reprise économique. Pour cette raison, l’économiste
luxembourgeois pense qu’ « une appréciation supplémentaire de l’euro dans les mois à venir est peu
probable ».

Les rendements obligataires demeurent peu attrayants.
Les rendements obligataires restent à de faibles niveaux. Aux Etats-Unis et en Allemagne, les taux
longs sont restés quasiment inchangés, alors qu’ils ont continué à se détendre dans les pays
périphériques de la zone euro. « D’une manière générale, les rendements obligataires des pays
industrialisés restent à des niveaux peu attrayants. Néanmoins, la faiblesse des pressions
inflationnistes ne plaide pas pour une remontée prochaine des taux longs », dit Guy Wagner.

GUY WAGNER (BANQUE DE LUXEMBOURG): L’ACTIVITE CONJONCTURELLE DANS LA ZONE EURO S’AMELIORE

 Dans la zone euro, l’activité conjoncturelle continue à s’améliorer doucement même si la reprise économique reste fragile en raison de la faiblesse des crédits bancaires. Ceci est l’opinion de Guy Wagner, chief investment officer de la Banque de Luxembourg, et de son équipe dans leur analyse mensuelle, les ‘Highlights‘.

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Après des conditions météorologiques particulièrement difficiles aux Etats-Unis, le pays devrait reprendre le chemin d’une croissance modérée avec une normalisation des températures. La nouvelle présidente de la Réserve fédérale américaine Janet Yellen a suggéré qu’en l’absence d’un ralentissement économique inattendu, elle continuerait à réduire le programme de rachat d’obligations d’Etat et de créances hypothécaires à hauteur de 10 milliards de dollars par réunion. Dans la zone euro, l’activité conjoncturelle continue à s’améliorer doucement. « En effet, la reprise économique reste fragile en raison de la faiblesse des crédits bancaires », dit Guy Wagner, chief investment officer de la Banque de Luxembourg et administrateur-directeur de la société de gestion BLI – Banque de Luxembourg Investments. Malgré la faiblesse des crédits bancaires et le bas niveau de l’inflation, la Banque centrale n’a pas relâché davantage sa politique monétaire jusqu’à présent.

Le caractère durable du programme Abenomics est remis en question. Au Japon, l’absence d’une amélioration des exportations malgré la faiblesse du yen et d’un redressement du revenu réel des ménages suite à la hausse des coûts énergétiques remettrait en question le caractère durable de la reprise économique déclenchée par le programme Abenomics. Les pays émergents restent vulnérables malgré la stabilisation de leurs devises en février. « Les hausses de taux d’intérêt enregistrées dans ces régions risquent de ne pas pouvoir mettre fin aux sorties de capitaux en raison du renforcement du ralentissement économique suite au resserrement monétaire », dit l’économiste luxembourgeois.

 

Les rendements obligataires des pays industrialisés sont peu attrayants

Suite à la forte détente des taux longs en janvier, les rendements obligataires sont restés à de faibles niveaux en février. La stabilisation des devises émergentes et la remontée des marchés boursiers n’ont pas conduit à un redressement des rendements obligataires. Aux Etats-Unis et en Allemagne, les taux longs sont restés quasiment inchangés. Guy Wagner : « D’une manière générale, les rendements obligataires des pays industrialisés restent à des niveaux peu attrayants. La faiblesse des pressions inflationnistes ne plaide pas pour une remontée prochaine des taux longs. »

 

Pays émergents : le ralentissement économique pourrait s’aggraver suite aux hausses de taux d’intérêt

Etant donné que le ralentissement économique dans les pays émergents pourrait s’aggraver suite aux hausses de taux d’intérêt visant à stabiliser leurs devises, les bénéfices des entreprises générant une part de plus en plus grande de leur chiffre d’affaires dans les pays émergents risquent de perdre une source potentielle de croissance au cours de cette année.